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No off-season for insect pollinators in the city !


En ville, la saisonnalité des insectes pollinisateurs pourrait être perturbée par le microclimat urbain et la gestion de la flore ornementale. Pour étudier ce phénomène, Vincent Zaninotto et ses collaborateurs ont suivi l’activité des insectes pollinisateurs à Paris et en milieu naturel, depuis la fin de l’hiver jusqu’à l’automne. Dans leur article publié dans la revue Ecology and Evolution, ils mettent en évidence une prolongation de la période d’activité des insectes urbains, qui peut se répercuter sur l’efficacité de la pollinisation.


Mots-clefs : Pollinisation, Écologie urbaine, Saisonnalité





Le milieu urbain modifie la composition des communautés de pollinisateurs. Mais il peut également avoir une influence sur leur saisonnalité, ou « phénologie », à travers son climat et les assemblages végétaux qu’il abrite. En effet, en ville, le phénomène d’îlot de chaleur urbain est à l’origine de températures accrues. D’autre part, la flore ornementale gérée par l’homme y est susceptible d’apporter artificiellement des ressources aux pollinisateurs, et ce même à la mauvaise saison.


Pour mieux comprendre ce phénomène et ses conséquences sur la fonction de la pollinisation, Vincent Zaninotto et ses collaborateurs ont effectué un suivi de la composition et de l’activité des communautés d’insectes pollinisateurs pendant toute la saison de pollinisation : depuis la fin de l’hiver jusqu’à l’automne. En travaillant avec la Station d’Écologie Forestière de Fontainebleau (Université de Paris) et le CEREEP ECOTRON – Ile de France (ENS, CNRS), ils ont pu mener ce suivi en parallèle au sein de la ville de Paris et dans des espaces naturels de Seine-et-Marne. Afin de pouvoir comparer l’activité des pollinisateurs dans ces deux habitats, le suivi a été concentré sur des assemblages floraux standardisés, constitués de deux espèces végétales : la Moutarde blanche (Sinapis alba), et le Lotier corniculé (Lotus corniculatus).


Leur équipe a effectivement pu observer des différences dans l’activité saisonnière de butinage entre le milieu urbain et le milieu naturel. Plusieurs catégories de pollinisateurs (petites abeilles sauvages, bourdons, abeilles domestiques) étaient significativement plus actives sur nos assemblages floraux en ville, en particulier au début du printemps et à l’automne. Ceci s’est traduit par des différences dans l’efficacité de la pollinisation entre les deux habitats. Ainsi, pendant la période printanière, le succès reproducteur de L. corniculatus était plus important en ville, où les bourdons ont manifesté une activité plus précoce. De même, le succès reproducteur de S. alba était plus élevé dans le milieu urbain, mais pendant toute l’année.


Publiés dans la revue Ecology and Evolution, sous le nom de « Broader phenology of pollinator activity and higher plant reproductive success in an urban habitat compared to a rural one », ces résultats suggèrent différentes adaptations phénologiques au milieu urbain pour les différentes catégories de pollinisateurs. Dans l’ensemble, il semblerait que la période d’activité étendue observée en ville pour les insectes pollinisateurs pourrait y améliorer l’efficacité de la fonction de pollinisation et le succès de reproduction de certaines plantes.





Membres de iEES Paris collaborant dans cette actualité :



Vincent Zaninotto, Isabelle Dajoz, Xavier Raynaud, Yvan Kraepiel, Emmanuel Gendreau, Eric Motard.


Contact :



ZANINOTTO Vincent, Doctorant (CIFRE Sorbonne Université et Ville de Paris


Référence de la publication :



Zaninotto V, Raynaud X, Gendreau E, et al. Broader phenology of pollinator activity and higher plant reproductive success in an urban habitat compared to a rural one. Ecol Evol. 2020 ;00:1–15. https://doi.org/10.1002/ece3.6794



Contact communication de iEES Paris :



iees_paris-com@upmc.fr



Légende de l’illustration :



Syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta), un visiteur assidu de la moutarde blanche (Sinapis alba) du printemps à l’automne. (©Benoît Geslin)