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À la rencontre de Sarah Konaré, jeune docteure


Article du site de l’IRD


Avec une thèse portant sur l’effet du recyclage de l’azote sur la coexistence entre herbes et arbres en savane, Sarah Konaré est fraîchement devenue titulaire d’un doctorat en écologie au Muséum national d’histoire naturelle.
Réalisée au sein de l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris (iEES Paris), sa thèse consiste à comprendre à l’aide de modèles mathématiques, comment la compétition entre les herbes et les arbres pour l’azote peut contribuer à leur coexistence en savane.


© Sarah Konaré


Sarah s’intéresse notamment au fonctionnement des écosystèmes d’un point de vue écologique. Ses recherches contribuent à comprendre le fonctionnement des savanes qui par définition sont des écosystèmes où des arbres cohabitent avec de larges étendues d’herbes. Sarah a étudié plus spécifiquement la stratégie de coexistence des plantes de la savane de Lamto, en Côte d’Ivoire, où les herbes et les arbres ont développé différentes stratégies pour optimiser l’acquisition de l’azote dans un écosystème où ce nutriment est peu abondant.


La question de la coexistence entre les herbes et les arbres est très importante pour prédire le devenir des savanes dans le contexte actuel des changements climatiques. De plus, ses résultats peuvent avoir des applications pratiques, entre autres pour les agriculteurs, qui pourraient exploiter ces espèces afin de mieux optimiser l’utilisation de l’azote du sol et de réduire ainsi l’utilisation d’engrais chimiques.


Ivoirienne, Sarah a fait son bac en Côte d’Ivoire avant de partir en Algérie où elle a obtenu sa licence en écologie. Passionnée par l’écologie « une discipline qui m’a permis d’avoir une nouvelle vision de tout ce qui m’entoure, de ne pas me soucier que de moi », explique-t-elle, elle vient en France pour poursuivre des études de master où elle s’est spécialisée en modélisation des systèmes écologiques à l’Université Paul Sabatier Toulouse et en gestion des sols et services écosystémiques à l’Université Paris Saclay.


Unique enfant de ses deux parents, Sarah a toujours été animée par la volonté de faire leur fierté.


« Même si cela pouvait représenter une pression à certains moments, cela a été aussi une force pour atteindre mes objectifs dans la vie et a contribué à faire de moi la femme que je suis aujourd’hui ».



© Sarah Konaré


Toujours encouragée par ses parents et par son oncle, qui était professeur des universités, Sarah décide de poursuivre une carrière dans la recherche. Attirée par la vocation Sud de l’IRD, elle se rapproche de l’équipe d’Écologie intégrative de l’iEES Paris par le biais de Sébastien Barot et Jacques Gignoux pour effectuer son stage de Master 2. Puis intéressée par l’idée d’approfondir les résultats de cette expérience de recherche, elle obtient une bourse de la Côte d’Ivoire et s’inscrit en thèse au Muséum national d’histoire naturelle.


C’est au sein de cette équipe multidisciplinaire qu’elle trouve une porte d’entrée dans la modélisation, un champ pratiquement inexploré dans son pays et vers lequel, en France comme ailleurs, encore très peu des femmes se sont orientées. Loin d’être découragée par les difficultés liées à cette situation exceptionnelle, Sarah est motivée par le défi et par l’intérêt de contribuer avec son travail au développement de son pays.


Ayant soutenu sa thèse par visioconférence à cause des restrictions liées au Covid-19, elle a réfléchi au rôle de la recherche face à la pandémie :


« j’ai apprécié que les décideurs politiques se soient rendus compte de l’importance de la recherche. La recherche est l’un des piliers du développement d’un pays mais c’est dommage que certains gouvernements ne soient pas conscients de son intérêt. J’espère qu’avec tout ce qui s’est passé il y aura un éveil des consciences. »



Une nouvelle génération



En tant que jeune chercheuse d’origine africaine, Sarah évoque un sens de la responsabilité :


« nous faisons partie d’une nouvelle génération qui doit changer les mentalités et qui peut créer une nouvelle image de l’Afrique, celle d’un continent qui a des valeurs et des idées propres. Même si ce n’est pas toujours évident étant donné le manque d’infrastructures, les jeunes africains prennent de plus en plus conscience de leurs capacités et sont prêts à participer et contribuer, grâce à leurs connaissances et leur travail, au développement de leur pays au même titre que les autres. »